Les variants sud-africain et brésilien peuvent infecter la souris

Ce dernier n’est pas le seul variant capable de franchir la barrière d’espèce séparant l’homme de l’animal. Des chercheurs de l’Institut Pasteur (Paris) rapportent que les variants B1.351, identifiés en Afrique du Sud, et P.1, isolés au Brésil, sont capables d’infecter la souris. Ces deux nouveaux variants ont la capacité de se répliquer à haut niveau dans les poumons de la souris, alors que cette espèce de rongeur n’est pas sensible au SARS-CoV-2 ancestral. En effet, le variant historique ne peut se répliquer chez la souris, ni chez le rat, dans la mesure où le SARS-CoV-2 historique ne se fixe chez ces animaux que faiblement sur leur récepteur ACE2.

La souris fait donc désormais partie des espèces sensibles aux nouveaux variants du SARS-CoV-2. Ceux-ci étendent donc la gamme des hôtes animaux qu’ils peuvent désormais infecter. Certaines mutations hébergées par les variants sud-africain et brésilien, qui se traduisent par une plus forte affinité pour le récepteur humain ACE2 et donc une plus grande transmissibilité chez l’homme, ont donc pour conséquence, par le seul fruit du hasard, de faire également en sorte que ces variants peuvent infecter une nouvelle espèce animale. L’acquisition de changements au niveau de positions clés dans le domaine de liaison du récepteur (RBD) permet sans doute aux variants sud-africain et brésilien de se lier plus efficacement au récepteur ACE2 de la souris.

Ces résultats ont été postés sur le site de prépublication bioRxiv par Étienne Simon-Lorière et ses collègues des laboratoires de Génomique évolutive et de Génétique de la souris de l’Institut Pasteur. Ces chercheurs ont montré que contrairement au virus ancestral, tous les variants (britannique, sud-africain et brésilien) se répliquent dans des cellules de souris.



Il est à noter que, contrairement aux souris de la lignée C57BL/6, la charge virale a été faible (absence de virus infectieux) chez les souris du Loir et Cher infectées par le variant britannique, ce qui semble indiquer que des facteurs liés à l’hôte interviennent dans la sévérité de l’infection. Reste également à conduire ce même type d’expériences sur des souris plus âgées afin de déterminer si celles-ci développent une pathologie plus sévère.

L’observation selon laquelle la souris (notre illustration en page d'accueil) est sensible aux variants sud-africain (B.1.351) et brésilien P.1 du SARS-CoV-2 devrait faciliter certains travaux de recherche, en particulier ceux portant sur l’évaluation de candidats vaccins et de nouveaux traitements, ou encore sur l’étude de l’immunité naturelle et de la protection vaccinale vis-à-vis de différents variants.

Selon les chercheurs, « ces résultats soulèvent des questions majeures sur le risque que des souris ou d’autres rongeurs, vivant à proximité de l’homme, comme ici à Landes-le-Gaulois, puissent servir de réservoirs pour le SARS-CoV-2 dans cette région où circulent les variants sud-africain B.1.351 et brésilien P.1, ou d’autres variants ». En effet, ceux-ci pourraient évoluer séparément chez ces rongeurs et peut-être franchir la barrière d’espèce dans le sens inverse (spillback).

Cette crainte n’est pas sans rappeler ce qu’on a observé, respectivement en mai et novembre 2020 aux Pays-Bas et au Danemark, où le SARS-CoV-2 a infecté des visons dans des fermes d’élevage. Des biologistes moléculaires avaient détecté plusieurs mutations préoccupantes dans le génome de ces mustélidés. Et les chercheurs pastoriens de conclure qu’il importe de « surveiller étroitement la gamme des hôtes animaux susceptibles d’être infectés par le SARS-CoV-2 au cours de l’évolution de ce virus ».

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