LE GRAND CIMETIERE

Une appartenance controversée

Un sujet de dissension était l'appartenance du Grand Cimetière. Situé sur le territoire de la paroisse Saint-Lubin, les deux paroisses en avaient l'usage mais un problème se posait en ce qui concernait la propriété des ormeaux et arbres fruitiers qu'il contenait et la prise en charge des frais d'entretien de ce cimetière.

« Le 3 mai 1654, Mr Cothereau, curé de St Martin, enterra au grand cimetière le corps d’un bûcheron mort dans les bois de Chassay. Mr Corbinelly, curé de St Lubin et les habitants de la dite paroisse, prétendant que le cimetière leur appartenait, firent assigner Mr Cothereau, le deux juillet de la dite année pour voir dire qu’ils seraient maintenus dans la jouissance et possession dudit cimetière.

Le 27 octobre du dit an, par acte devant Lubin Vollant, notaire, les habitants de Moulins et de Vaugillet interviennent et prennent fait et cause de Mr Cothereau, curé de St Martin et donnent pouvoir à Mr Nicolas L’Asfry, procureur au présidial de Blois, de suivre la demande contre Mr Corbinelly, curé de St Lubin. Le 2 janvier 1656, jugement qui ordonne que Mr le curé de St Lubin défende. Le 27 février 1657, Etienne Mâchefer, vigneron à Vaugillet, reconnaît que le grand cimetière est sur la paroisse de St Lubin et déclare qu’il ne saurait point se mêler du procès entre les frères curés et les habitants de Vaugillet, ayant connaissance que Geoffroy Mâchefer, son père, a vendu comme marguillier de St Lubin les noix et autres fruits des arbres dudit grand cimetière.



Enfin, le 27 mai 1657, Mrs Corbinelly et Cothereau, curés de Landes, de l’avis de Mr Collas, curé de La Chapelle Vendômoise, Roupeuil, curé de Champigny, et Chapellet, desservant de Villefrancoeur, firent une transaction pour maintenir la paix et la bonne union entre eux, par laquelle ils reconnurent que le grand cimetière serait commun et qu’à ce moyen, ils payeraient chacun leurs frais. Cependant, l’église de St Lubin avait la possession dudit cimetière comme nous voyons qu’en l’an 1619, le curé tient compte de 8 sols pour la tonte d’un ormeau.

En 1620, Pierre Debenne, marguillier des trépassés, vend à Gilles Marquenet, sonneur, deux noyers moyennant la somme de 50 sols. Cette même année, Mathurin Requille, procureur marguillier, fit refaire par le nommé Auvallier, maçon, les murailles autour dudit cimetière et poser des grilles neuves en bois aux deux passées dudit cimetière par un charpentier, le tout moyennant 200 livres que l’église de St Lubin paya seule, ce qui prouve bien que St Martin n’y avait rien, qu’auparavant que ledit cimetière fut entouré de murs, les marguilliers étaient chargés d’y veiller à ce que les enfants et gens mal intentionnés n’endommageassent pas les arbres et fruits d’iceux ».

Extrait de Fragments d'une histoire de Landes.

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