LES CURÉS DE LANDES

Importance des deux paroisses

On n'a que quelques rares informations sur la population landaise au cours des deux siècles ayant précédé la Révolution Française. Il semblerait qu'elle ait été assez stable, l'essor démographique étant freiné par la forte mortalité enfantine, les périodes de disette et les épisodes de peste.

En 1709, la population compte 141 feux, soit environ 750 habitants. En 1768 : 138 feux, soit environ 720 habitants. En 1790 : 740 habitants En 1800 : 695 habitants.
La répartition de la population entre les deux paroisses est difficile à établir. En 1766, pour un total de 740 habitants, Landes St-Lubin en compte 450 et Landes St-Martin 290. La tournée, cette année là, est de St-Lubin . On aurait donc approximativement la répartition suivante :

• Paroisse Saint-Lubin : 325 habitants, soit : 44. %

• Paroisse Saint-Martin : 290 habitants, soit : 39 %

• Territoire en tournée : 125 habitants, soit : 17 %

Mais il serait hasardeux de projeter l'évaluation d'une année sur deux siècles.

Revenu et dépenses des cures
Le revenu provient de trois sources :

• La dîme : Cet impôt direct sur le revenu est prélevé à la source par les décimateurs qui en reversent une quote-part variable au curé. Sur la paroisse Saint-Martin, la grosse dîme est d'une gerbe sur 20 et d'une gerbe sur 21 pour celle de Saint-Lubin. Dans le territoire en tournée la dîme varie donc d'une année sur l'autre.

• Le casuel : Ce revenu provient des quêtes, des messes particulières, baptêmes, mariages et enterrements

• Le revenu des biens propres à la cure : Rentes, cens, baux ou fermages selon la nature et l'utilisation de ces biens.

Du point de vue des biens propres, Saint-Martin était mieux pourvue que Saint-Lubin, ce qui lui a permis d'entretenir, au cours de certaines périodes, un vicaire.
Les dépenses comportent l'entretien d'une partie de l'église et du presbytère, en accord avec la fabrique, les salaires du personnel (chantre, sacristain, suisse, servante), les œuvres de charité et les frais inhérents aux biens de la cure.

Le logement des curés :

A Saint-Lubin : Le corps de logis, construit en terre en 1690, comporte 3 chambres, un vestibule, une cuisine et un grenier. S'y ajoute une cour, un potager et un puits.
A Saint-Martin : Le corps de logis, construit en pierres en 1726, comporte 3 chambres, 3 cabinets, et 1 cuisine. Les autres bâtiments sont 1 grange, 1 étable, 1 soue et 1 cellier. S'y ajoute une cour, un jardin, un potager, un vivier et un puits.



PRINCIPAUX CURÉS DE SAINT-MARTIN
aux XVIIe et XVIIIe siècles


Malloteau (y. 1606-1641)

Fondateur de la confrérie du Mont Carmel (1641). Il fut enterré dans l'église Saint-Martin. Un important fragment de sa pierre tombale est visible dans la crypte de l'église Saint-Lubin.

Cothereau (1641-1687)

Réglemente les processions des fêtes pascales. Procès avec Corbinelly, curé de St-Lubin (1640-1670) au sujet de l'appartenance du grand cimetière (1654-1657). Ce fut la plus longue curie de la paroisse St-Martin.

Chenet (1692-1729)

Un curé ayant un caractère affirmé qui aura maintes dissenssions tant avec ses ouailles qu'avec les curés de St-Lubin. C'est lui qui fit reconstruire le presbytère, dont on voit les vestiges actuels, en 1726.



Binet (1729-1757)

On lui doit la rédaction du cérémonial de Landes, un document riche en informations sur les relations entre les deux paroisses et les modalités des célébrations.

F. Chéreau (1757-1791)

Le dernier curé de Saint-Martin était le neveu de N.C. Chéreau, curé de St-Lubin (1725-1773). Insermenté en 1791, il fut incarcéré en 1792 et libéré en 1794. Il mourut à Landes en 1801.



LES EVÊQUE DU DIOCESE DE BLOIS
aux XVIIe et XVIIIe siècles


de Bernier (1652 - 1697 - 1719)

Premier évêque du diocèse de Blois, sacré en juin 1698. Il engage le dialogue avec les protestants et organise le diocèse d'où la création du doyenné rural de Landes.

de Caumartin (1667 - 1720 - 1732)

Favorable aux thèses jansénistes, il fut consigné dans son diocèse pendant les quatre dernières aimées de son épiscopat. Il rédigea le premier catéchisme diocésain et convoqua le premier synode.

de Crussol d'Uzes (1702 - 1734 - 1758)

Il mèna une campagne anti janséniste, publia un nouveau bréviaire, visita ses paroisses et fonda un séminaire qu'il confia aux Eudistes en 1741. En 1753, il fut promu archevêque de Toulouse.

de May de Termont (1711 - 1754 - 1776)

Mgr de May de Termont, évêque de Blois, fit sa visite à Landes et y confirma, le 22 avril 1757. FHL Il autorisa à St-Martin de Landes, le cérémonial de la solennité du Sacré-Coeur.

Lauzières de Thémines (1743 - 1776 - 1829)

Insermenté, il est remplacé en mars 1791 par l'abbé Grégoire, évêque constitutionnel non reconnu par le pape. Il émigre alors à Bruxelles. En 1801, le diocèse de Blois fut absorbé par celui d'Orléans et confié à Mgr Bernier.


LE COSTUME ECCLESIASTIQUE


En France, le port obligatoire de la soutane par les prêtres date de 1673. Le concile de Trente avait imposé un habit bienséant aux prêtres sans en préciser ni la forme ni la couleur. L'habit court à la française ou la soutanelle est réservé aux voyages.
De couleur noire pour les prêtres, la soutane (32 boutons !) se porte avec une large ceinture. Le col est constitué d'un rabat blanc ou noir bordé de blanc.
La calotte se porte sur la tonture. Le chapeau peut être à bord rond ou un tricorne.
Pendant la Révolution française le port de rhabit ecclésiastique est supprimé par l'Assemblée nationale le 6 avril 1792.
Le concordat de 1801 reprend l'interdiction de 1792 et proscrit le port de la soutane en dehors des cérémonies du culte et impose l'habit noir à la française. Le décret du 17 janvier 1804 autorise les ecclésiastiques à porter "les habits convenables à leur état suivant les anciens règlements et les usages de l'Église", mais seulement dans le lieu de leur juridiction. Le port de la soutane s'imposera vers le milieu du XIXe siècle.




Un important fragment d'une dalle funéraire en provenance de l'ancienne église Saint-Martin est visible dans la crypte de l'église Saint-Lubin.

La partie visible de la dalle porte la mention suivante :

...OTEAU VIVANT PR PR CURE DE ST MARTIN DE LANDE LEQUEL DECEDA LE...

Les recherches effectuées par M l'Abbé Hénard ont montré qu'il s'agissait de la dalle funéraire du Père Malloteau, curé de Saint-Martin dans la première moitié du XVIIe siècle.





LES SEIGNEURS DE LANDES

M. Henri de Bault, marquis de Sante-Frique, écrit dans la déclaration de son comté, qu’il fit au roi, en mai 1666 : "qu’il est seul seigneur du vicomté des deux paroisses de Landes (…) le temps, l’ambition, les alliances, les richesses d’aucuns, la nécessité des autres, ont peu à peu réuni tous les dits fiefs et seigneuries en la famille de messieurs Le Fuselier, desquels le dit sieur de Sainte-Frique avait acquis la totalité."

Dans cette déclaration, M. Henri de Bault, qui avait racheté les possessions des Le Fuzelier en 1653, donne une image simplifiée de la situation des fiefs et seigneuries en ce milieu du XVIIe siècle, bien qu'il soit vrai qu'à cette époque, nombre d'entre eux aient disparu.

Sur la paroisse Saint-Martin de Landes

Le seigneur de Rivière a droit de haute justice. Il est le gros décimateur de la paroisse mais une partie de la dîme revient au chapitre de Saint-Sauveur de Blois. Il lui faut compter aussi avec le seigneur de Villeruche, son vassal en droit féodal, mais avec lequel M. de Bault aura quelques démêlés.

Par ailleurs, la seigneurie de Chassay, rattaché à la paroisse Saint-Martin de Landes, forme une communauté entièrement indépendante du seigneur de Rivière.

Sur la paroisse Saint-Lubin de Landes

Le seigneur de Rivière a droit de haute justice mais il faut compter aussi avec les seigneurs de Villée et de la Hocquetière.



Les gros décimateurs sont l'Abbaye de Fontaines-lès-Blanches et le chapitre de Saint-Sauveur de Blois qui deviendra seul gros décimateur à partir de 1683 et qui, du reste, détient des censifs sur d'autres lieux du territoire communal.

Sur le territoire en tournée

Le seigneur de Moulins, entièrement indépendant des seigneurs de Rivière, a droit de haute justice et il est le gros décimateur du territoire de la tournée, sauf en ce qui concerne les censifs dépendant du chapitre de Saint-Sauveur de Blois (dont la métairie de Saint-Sauveur).

*
*   *

En 1719, en même temps qu'il achète la seigneurie de Rivière, le marquis Gaspard de Dodun acquiert les fiefs subsistants du vicomté de Landes. Toutefois, les seigneuries de Moulins et de Chassay resteront indépendantes jusqu'à la Révolution.

Nota : Sur chaque paroisse, plusieurs décimateurs collectent la dîme, impôt ecclésiastique destiné au curé. La grosse dîme est versée à l'évêché (ou à l'abbaye) qui en rétrocède une quote-part au curé de la paroisse. En compensation, le titulaire de la grosse dîme a en charge les gros travaux d'entretien et les réparations de l'église.

PRINCIPAUX SEIGNEURS DE LANDES du XVIIe au XIXe siècle


Vers 1600, Claude Le Fuzelier (+1608), écuyer, seigneur de Rivière et de Cormeray, réunit les différents domaines de Landes formant ainsi une seule Seigneurie. Elle allait rester dans la famille Le Fuzelier jusqu'en 1653, date à laquelle René le Fuzelier vend ses biens et titres de Landes à Henri de Bault, chevalier, baron de Sainte-Frique.

Henri de Bault (+1683), chevalier de Sainte-Frique, baron de Romainville et seigneur de Landes, était maréchal de camp et conseiller d'Etat Il obtint du duc d'Orléans les autorisations nécessaires pour que la Seigneurie de Landes soit érigée en vicomté ce qui fut confirmé par lettres patentes du roi Louis XIV, en date du 22 avril 1655.

Charles Gaspard Dodun (+1736), contrôleur général des finances et président du parlement de Paris, acquit en 1711 le domaine d'Herbault et en 1719 le vicomté de Landes. En 1723, il obtint qu'Herbault soit érigé en marquisat pairie ainsi que la construction d'un grenier à sel La suppression de la justice de Landes et la disparition progressive de son marché causèrent un grand préjudice économique à notre commune.

Charles de Devezeau (+1743) écuyer, seigneur de Rancougne et colonel d'un régiment d'infanterie à St-Domingue, acheta en 1742 le marquisat d'Herbault et le vicomté de Landes. Les titres et les biens se transmirent ensuite à sa descendance. En 1790, sur les instances de M. de Rancougne (+1824), les deux anciens doyennés de Landes et d'Onzain furent réunit en un seul canton dont Herbault fut le chef-lieu.



QUELQUES ÉVÉNEMENTS

  • 1605

    Installation grosse cloche, église Saint-Lubin.

  • 1607

    Rétablissement marché et foins de Landes (Henri IV).

  • 1608

    Construction du château de Rivière.

  • 1610

    Construction halle sur la place du marché.

  • 1614

    Confirmation marché et foires de Landes (Louis XIII).

  • 1620

    Réfection murs du grand cimetière, pose d’un portail.

  • 1626

    Disette, suivie d’une épidémie de peste.

  • 1630

    Décès de Jehan Le Fuzelier (tombe dans la crypte de l'église Saint-Lubin).

  • 1633

    Réparation voûte du choeur, église Saint-Lubin.

  • 1636

    Démolition de la maladrerie

  • 1640

    Les foires et marchés sont à l'abandon.

  • 1647

    Création de la confrérie du Rosaire, paroisse Saint-Lubin.

  • 1648 à 1652

    Troubles de la Fronde.

  • 1650

    Epidémie du feu Saint Antoine (ergotinine)

  • 1654

    Agrandissement de la halle, tentative de restauration du marché

  • 1654 à 1657

    Procès sur l’appartenance du grand cimetière.

  • 1656

    Election de la seigneurie de Landes en vicomté.

  • 1656

    Installation d'une petite cloche, église Saint-Matin.

  • 1662 à 1664

    Epidémie de peste, suivie de famine.

  • 1666

    Tentative de relance du marché.

  • 1670

    Ecroulement du clocher, église Saint-Lubin.

  • 1672

    Cession de la Moinerie à Saint Sauveur de Blois.

  • 1673

    Construction du portail du château de Rivière.

  • 1676

    Réparation et abaissement clocher, église Saint-Lubin.

  • 1679

    Reconstruction du prestytère, paroisse Saint-Lubin.

  • 1681

    Construction d'un auditoire de justice, au-dessus de la halle.

  • 1683

    Décès du marquis Debault de Sainte-Frique.

  • 1694

    Déplacement du cimetière, paroisse Saint-Martin (?)

  • 1695

    Disette, suite à un hiver rigoureux.

  • 1697

    Création du diocèse de Blois.

  • 1699

    Landes devient un doyenné rural du diocèse.

  • 1700

    Installation de la grosse cloche, église Saint-Lubin.

  • 1706

    Procès concernant une livraison de paille à l'église Saint-Lubin.

  • 1709

    Terrible hiver, suivi d’une disette.

  • 1712

    Création de la confrérie du Mont Carmel, paroisse Saint-Martin.

  • 1719

    Le marquis Dodun achète le vicomté de Landes.

  • 1721

    Don de M. Morillon ; petite école de Landes.

  • 1726

    Construction de la sacristie, église Saint-Martin.

  • 1730

    Remplacement de la petite cloche, église Saint-Martin.

  • 1731

    La confrérie du Saint-Sacrement remplace celle du Rosaire (Saint-Lubin).

  • 1736

    Décès du marquis Dodun.

  • 1738

    Rédaction du cérémonial de Landes par l'abbé Binet.

  • 1740

    Disette, suite à un hiver rigoureux.

  • 1742

    Achat seigneurie de Landes par C. Devezeaux de Rancougne.

  • 1744

    Une arche du pont endommagée, puis mal réparée.

  • 1748

    Crue catastrophique, destruction du pont sur la Cisse.

  • 1756

    Installation de la petite cloche, église Saint-Martin.

  • 1759

    Installation horloge, église Saint-Lubin.

  • 1768

    Refonte petite cloche, église Saint-Lubin.

  • 1771

    Lambrissage nef église Saint-Lubin et réparation du clocher.

  • 1778

    Mgr. de Thémines confirme à Landes.

  • 1780

    Procès à l’encontre de Lecomeur, curé de la paroisse Saint-Lubin.

  • 1785

    Nomination illicite des marguilliers par N. C. Cordienne.

  • 1789

    Rédaction du cahier des doléances.

  • 1791

      F. Chéreau insermenté, N.Cordienne assermenté.

  • 1792-1793

    Vente des biens nationaux.

  • 1794

    Démolition de l'église Saint-Martin.

  • 1795

    Fermeture des églises en France.

Contact

mail@landes-le-gaulois.net

© 2015 Ambixo. © 2020 Pêle-Mêle. All rights reserved. HTML5-CSS3 Template by Martina Sepi