L'ÉGLISE SAINT-MARTIN

En dehors de sa période présumée de construction au cours de la seconde moitié du XIIème siècle, les seules informations que nous ayons concernant l'église sont celles figurant dans l'inventaire établi en août 1790 par les sieurs Julien Bruère, maire, Louis Ligneau et Louis Boucher, membres de la Municipalité, en exécution des décrets de l’Assemblée Nationale du 14 et 20 avril de ladite année.

L'église
Aux termes de cet inventaire, l'église est "Un vaisseau ou bâtiment ouvrant en occident, couvert en tuiles, au milieu duquel est un clocher en flèche couvert d'ardoises". L'ensemble mesure 70 pieds sur 21, soit 22,7x 6,8 m (1 pied = 0.3248 m).
Suit une description de l'intérieur de l'église : Elle est "boisée de bois peint en gris de fer et lambrissée de grandes planches de sapin usées". Le mobilier comporte des bancs dans la nef, un autel en pierre avec son marchepied en bois; un tabernacle de noyer peint en noir surmonté d'un crucifix en bois doré; …un bénitier et fonds baptismaux en marbre noir, veiné de blanc; deux tableaux : l'un, dédié à saint Sylvain représente l'Annonciation et l'autre, dédié à la sainte Vierge, représente la sainte Famille; deux statues : l'une en pierre (la sainte Vierge), l'autre en bois (saint Thomas).
Le relevé mentionne encore "un grand et beau confessionnal en bois de chêne peint en jaune, fait en 1767" (il se pourrait que ce soit celui dont la porte est conservée dans la sacristie de l'église Saint-Lubin), "Une chaire à prêche et son impérial en bois de chêne peint en jaune, en mauvais état", puis deux tapis, un petit banc d'œuvre, six stalles, un lutrin et toute une série d'autres articles.


Le clocher

Un document complémentaire nous apprend que le clocher abrite deux cloches, l'une de 600 livres, l'autre de 460. On y accède par quatre échelles.

L'auteur des "Fragments d'une histoire de Landes" fournit des indications complémentaires sur ces deux cloches :

« Quant à celles de St Martin, la grosse actuelle a été fondue à Villemardi le 15 octobre 1783 et bénite dans l’église de St Martin le 11 novembre suivant par Mr Laumoné, prieur de Jussay. Elle eut pour parrain François Arnoult, fermier de La Motte et pour marraine Madeleine Leroux de La Picaudière. Elle subsistait depuis 1605 où elle fut fondue par Mandre Septier et elle eut pour parrain M. René Le Fuzelier, écuyer seigneur de La Motte et pour marraine Mme Anne de Tifany, dame de Moulins. Elle fut cassée en sonnant le sanctus, le dimanche des Rameaux, le 13 avril 1783. La petite subsiste depuis 1756 et auparavant depuis 1730 et préalablement depuis 1656".


LES DÉPENDANCES

Porche ou galerie ?

Curieusement, l'existence d'un porche ou d'une galerie n'est pas mentionnée dans l'inventaire. Toutefois, Médéric Rabouin, à propos d"un procès subvenu entre les habitants de la paroisse de Saint-Martin et le prieur-curé de Tourailles, cite le texte suivant :

« Le dimanche 11 juin 1789, les habitants de la paroisse de Saint-Martin se réunirent en assemblée générale, issue des vespres, à la porte et sous la galerie de l’église, à la requête du syndic de l’assemblée municipale de la paroisse de Landes, élection de Vendôme. »

La précision "élection de Vendôme" laisse supposer qu'il s'agit bien de l'église Saint-Martin.

La sacristie

L'inventaire donne une liste détaillée des objets et du mobilier mais n'indique ni son emplacement, ni ses dimensions. Toutefois, l'acte de vente, en date du 23 janvier 1793, précise que la porte d'entrée communique avec le presbytère et que le puits qui est sous la sacristie devra rester en commun avec le propriétaire de l'ancien presbytère.

L'auteur des Fragments d'une histoire de Landes donne la précision suivante :
« En l’année 1726, Mr Chenet fit construire la sacristie de St Martin en l’état où elle est aujourd’hui, sinon qu’elle a été boisée et plafonnée en 1789. »

Le presbytère

Le presbytère est constitué d'un corps de logis comportant :

• Un rez-de-chaussée : une petite cuisine, et deux chambres.

• Un étage : une chambre avec cheminée et trois cabinets.

• Un grenier sur le tout.




Autres bâtiments et annexes

Une grange, écurie, étable à vaches, petit toit à porcs en retour, cour entre les dits bâtiments et l’église de la dite paroisse Saint-Martin

Un bûcher et un cellier en même corps de bâtiments au bout de la dite cour du côté d’amont, auprès duquel est un puits, tous les dits bâtiments, couverts en tuiles.

Potager devant le premier corps de bâtiments, au midi.

Autre jardin, pré, vivier à poissons, ensuite, dudit jardin potager à l’orient (un mot incompris) et dont ils ne sont séparés que par des murs presque croulés en entier, vignes au-dessus des dites prés et charmilles, le tout en un terrain contenant deux arpents quatre bosselées ou environ, entourés de murs et haies vives et fossés en dépendant joignant de solaire la Cisse ou rivière Landaison. De galerne, le chemin de Landes à la Chapelle-Vendômoise et l’église abutant d’amont sur le clos des vignes de la Pie, apprenant à monsieur Devezeaux et au seigneur de Landes. Haies vives et fossés entre deux, dépendant de la dite cure, et d’abas sur un chemin au bourg de Landes conduisant de Blois à Vendôme.


LE CIMETIÉRE SAINT-MARTIN

« Le jour des morts, on chante les trois nocturnes des vigiles des morts. Le dernier répons se chante en allant au cimetière où on le finit à la croix par les prières de l’oraison et on commence les laudes que l’on chante en revenant. On porte l’eau bénite à cette procession et monsieur le curé asperge d’un coté et d’autre dans l’église et, dans le cimetière, sur les tombeaux des fidèles. » Extrait du cérémonial de Saint-Martin de Landes, établi par l'abbé Binet en 1738.

Le plan cadastral de 1818 permet de situer le cimetière avec précision : il occupe la parcelle n° 59 du plan. Il est possible toutefois que cet emplacement ne soit pas celui d'origine. En effet, l'auteur des "Fragments d'une histoire de Landes", dont l'écrit date de 1791, apporte les curieuses précisions suivantes :

« Le cimetière de St Martin a été construit, à l’endroit où il est aujourd’hui, dans l’été de 1694. Auparavant, il était dans l’angle qui est entre le chemin qui conduit de devant l’église St Martin à Vendôme, celui qui mène de l’église à La Motte et celui qui mène de La Motte au clos de La Pie. Il paraît qu’il ne fut fini que vers la Toussaint, puisque M. Chenu, curé de St Martin fut obligé d’enterrer au grand cimetière le corps d’un mendiant passant qui mourut le 28 septembre de ladite année. »

D'après cette description, cet ancien emplacement aurait donc été situé sur la parcelle n° 61 du plan cadastral de 1818.


Or, s'il est exact que dans les registres paroissiaux, on trouve la mention suivante :

« Le vingt-huitième jour de septembre 1694 a été inhumé dans le grand cimetière de cette paroisse le corps d'un pauvre passant d'un nom inconnu âgé d'environ vingt à vingt-cinq ans qu'un autre passant disait être proche Le Mans, en présence de Jean Gardouin et d'Etienne Volans.»

Cette indication, ne saurait cependant constituer une preuve, du moins en ce qui concerne la date invoquée, puisqu'il était d'usage d'enterrer au grand cimetière les gens de passage, les inconnus, les mécréants notoires, les criminels ou même les morts de maladie contagieuse.

Le cartographe a dessiné une croix au centre du cimetière. Dans l'article qu'il a écrit sur les cimetières de Landes (BN n°13, 2001), M. André Pilon signale qu'en 1842, lors de la décision du transfert des cimetières à leur emplacement actuel, le conseil municipal délibéra que " la croix de l'ancien cimetière y sera transférée". Si ce fut bien le cas, ce serait donc celle que nous y voyons actuellement.


Lors de la vente des biens nationaux en 1792, le cimetière fut exclu de la vente "à l'exception d'un ormeau" et, selon Médéric Rabouin, on y inhuma jusques vers les années 1840.



Contact

mail@landes-le-gaulois.net

© 2015 Ambixo. © 2020 Pêle-Mêle. All rights reserved. HTML5-CSS3 Template by Martina Sepi