LES ORIGINES DE LA PAROISSE

Jusqu'au milieu du XIe siècle, la bourgade de Landes faisait partie du comté de Vendôme.. En 1033, Geoffroy Martel, comte d'Anjou, s'empare du Vendômois et ne le restituera à son neveu Foulques l'Oison qu'en 1050, le Vendômois restant toutefois sous la suzeraineté de l'Anjou.


Entre les comtes d'Anjou et les comtes de Blois les hostilités étaient permanentes depuis des générations et notre région, limitrophe de leurs possessions, était sujette à des guerres incessantes.

En 1057, le roi de France Henri Ier, désireux de porter les armes contre le duc Guillaume de Normandie, conclut une alliance avec Thibaut IV, comte de Blois et Geoffroy Martel, comte d'Anjou. Cette alliance impliquait la signature d'un traité de paix entre les deux belligérants et, en conséquence, la délimitation de leurs possessions respectives.

C'est dans ce cadre que s'inscrit l'accord signé entre Thibaut IV et Foulques l'Oison, comte de Vendôme et que, en ce qui concerne Landes, la rivière : La Cisse Landaison fut cooptée comme frontière séparant les deux comtés.

Dès lors, afin de marquer leurs droits et de surveiller leur belliqueux voisin, chacun de ces puissants seigneurs établirent, de part et d'autre de la rivière une forteresse puis une église d'où la formation de deux paroisses : Saint-Martin de Landes et Saint-Lubin de Landes.

Le plus ancien document mentionnant l'existence de ces deux églises est un cartulaire de l'abbaye de Marmoutier pour le Vendômois, datant de 1118. Cette date confirme les observations effectuées concernant celle de leur construction vers le troisième quart du XIe siècle.

À la suite de la fixation des limites entre les comtés de Blois et de Vendôme, en décembre 1329, entre Guy de Châtillon, comte de Blois, et Bouchard VI, comte de Vendôme, des lieux-dits appartinrent en tournée à ces 2 paroisses : le château et le village des Moulins, les villages de Bourges, des Maisons-Rouges et de Veaugilet, le Moulin de Cholet.

Du point de vue ecclésiastique, les deux paroisses faisaient partie du diocèse de Chartres. La paroisse Saint-Martin était rattachée à l'archidiaconé de Vendôme, celle de Saint-Lubin à celui de Blois jusqu'au 1er juillet 1697, date de la création du diocèse de Blois. Ce n'est qu'en 1792 qu'elles seront réunies en une seule paroisse.

Sur le plan administratif, chacune des paroisses avait une juridiction, des lois et des coutumes bien distinctes : la paroisse de Saint-Lubin relevait du comté de Blois et était soumise à sa coutume générale. La paroisse de Saint-Martin, au contraire, relevait du comté de Vendôme et elle était régie par la coutume générale d’Anjou, modifiée par la coutume locale du Vendômois. Par la suite, ces comtés seront rattachés à la Généralité d'Orléans, tout en conservant les us et coutumes qui leur sont propres.

Sur le plan de la topographie, chacun des villages formés autour des deux paroisses a eu un développement autonome :

• Saint-Martin de Landes s'est développé selon un axe longitudinal, le long de la Cisse formant ainsi un village-rue.

• Saint-Lubin de Landes s'est développé selon la forme d'un triangle dont le centre de gravité serait l'église.

Cette disposition reste encore très visible sur le plan cadastral de 1818 et sur ceux qui lui ont succédé. On peut également la constater sur les cartes IGN récentes.


Période gallo-romaine

Les fouilles, trouvailles archéologiques et les prises de vue aériennes montrent un habitat dispersé.

Ce n'est qu'au fil des siècles qu'un regroupement se constitue au point de jonction de la Cisse Landaise et de la voie gallo-romaine joignant Blois à Vendôme.

Début du XIème siècle

La bourgade de Landes fait partie du Vendômois. Le comte de Vendôme y entretient une lieutenance. En 1033, le comte d'Anjou, Geoffroy Martel s'empare du Vendômois qui sera restitué à son neveu en 1050 mais restera sous la suzeraineté des comtes d'Anjou.
Le traité de 1057

La délimitation des possessions respectives du comte de Blois et du comte d'Anjou amène, dans notre région, à faire de la Cisse Landaise une ligne frontalière.
La construction, de part et d'autre de la rivière, de deux forteresses et de deux églises par chacun de ces deux seigneurs va conduire à la constitution de deux paroisses : Saint-Martin de Landes et Saint-Lubin de Landes.



1792 : Fin de la paroisse Saint-Martin

En 1692, l'église Saint-Martin et ses dépendances sont vendues comme biens nationaux. La paroisse Saint-Martin est alors rattachée à la paroisse Saint-Lubin et son église sera démolie au cours des années qui suivront.

L'emploi des deux toponymes restera encore longtemps dans les usages comme on peut le constater sur l'extrait de la carte ci-jointe qui date pourtant de 1845 !


L'ÉTENDUE DE LA PAROISSE

Les limites du territoire communal n'ont guère variées au cours des siècles. Le cas de la localité de Bennes reste particulier. Elle formait une communauté indépendante, rattachée au Vendômois, mais qui dépendait de la paroisse Saint-Martin de Landes. La localité sera incorporée à la commune de Landes à la Révolution Française.

La Cisse Landaison marque la limite des deux paroisses. En principe, les territoires situés sur la rive gauche font partie de la paroisse Saint-Martin. Ceux de la rive droite sont rattachés à celle de Saint-Lubin.

La Tournée
Toutefois une exception notable concerne la partie du territoire dite "en tournée" dont l'appartenance à l'une ou l'autre paroisse alternait une année sur deux. Cette partie s'étendait à l'est entre la Cisse et le chemin dit "de Landes" et englobait Cholet, Bourges, Moulins et Vaugillet.


D'après l'auteur des Fragments d'une histoire de Landes, il semblerait que primitivement la tournée ne concernait que Bourges :

Les hameaux de Moulins et de Vaugillet, suivant une tradition populaire, étaient toujours de la paroisse de St Lubin. Bourges seulement alternait St Martin et St Lubin. Vers l’an 1400, les dits habitants de Moulins et de Vaugillet demandèrent à alterner comme ceux de Bourges. Voici les raisons que Mgr Corbinelly, curé de Landes prétend qui ont occasionné ce changement :

« Aux quatre fêtes, savoir : le jour de St Lubin, 14 mars ; les St Gilles, 1er septembre ; la dédicace, 10 avril  et la translation de St Lubin, le 16 septembre; ont donné lieu à cette prétendue tournée d’autant que les deux fêtes, savoir le 14 mars et 10 avril, incommodaient les habitants de Moulins et de Vaugillet pour leurs mars et avoines et le 16 septembre les incommodaient pour leurs vendanges qui étaient considérables, les terrains, qui sont depuis les avant berges jusqu’à Moulins, étant plantés en vigne qui s’appelaient les Groix de Landes. Les dits habitants voyaient que ceux de Bourges étant en tournée n’avait fêtes à observer que lorsqu’ils étaient de St Lubin en laquelle année ils ne font les mars mais les font dans l’année de St Lubin. C’est pourquoi ils ont voulu quitter l’observation de trois de ces fêtes, n’en ayant qu’une à garder à saint Martin que dessert le commun qui est le 4 juillet et qui n’incommode nullement dans la saison. Il faut noter qu’ils ont si bien choisi l’année pour faire leur tournée prétendue que les mars ne se rencontrent jamais à faire dans l’année de St Lubin mais soit les blés qui s’y font vers la fin de septembre ou en octobre ou bien soit les guérets. Ainsi les dits habitants en ont ordonné entre eux, sans permission, ce qu’ils ont voulu faire passer pour bonne loi et rendre ce canton de la tournée pour leur profit et accommodement. Et puis quelques-uns uns désiraient être enterrés en l’église et il n’y avait qu’à saint Martin où on enterrait dans l’église. Voila les raisons qui les ont opiniâtré à une fausse tournée. »

Le changement de tournée s'effectuait chaque année le 1er novembre à midi. Les années paires (mais débutant le 1er novembre de l'année précédente), la tournée était de la paroisse St-Lubin.


LE CHANGEMENT DE TOURNÉE



L'an mil six cent soixante quinze, le premier jour du mois de novembre, le corps de Jeanne Cochereau, noyée dans la fontaine voisine de son habitation, dans la tournée de cette paroisse le jour de sa mort ; de la paroisse de St Lubin de lieu, par le changement annuel qui se fait à midi dudit premier jour de novembre, âgée d'environ quarante six ans, femme Etienne Savigny, journalier au dit lieu, a été inhumée par moi, curé soussigné, dans le petit cimetière de cette église, vers les quatre heures du soir, en présence du susdit mari, du sieur François Nicolas Chéreau demeurant en ce lieu, de René Lalie demeurant dite tournée et de plusieurs autres qui ne signent, sauf les signants :

René Lalie, Chéreau                                 Chéreau, curé

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