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8. LE PONT SUR LA CISSE

A la suite du traité signé en 1057 entre Thibault, comte de Blois et Geoffroy Martel, comte de Vendôme, le territoire de Landes fut divisé entre ces deux seigneurs : la rive gauche de la Cisse, appartint au comte de Vendôme et la rive droite au comte de Blois.

Si la date de la première construction du pont en pierre qui enjambe la Cisse à la hauteur de Landes ne nous est pas connue, on peut affirmer toutefois qu'il existait au XVe siècle puisqu'on peut lire dans "fragments d'une histoire de Landes" les lignes suivantes :

« Nous voyons une lettre patente de Charles VIII, de l’année 1485, qui ordonne aux habitants de Landes de percevoir le péage pour le passage sur le pont de pierre bâti tout proche de Saint Martin qu’ils avaient fait construire à leurs dépens. »

Le pont eut des fortunes diverses, comme en témoigne le passage suivant :
« Environ l’année 1660, ce même Mr de Sainte Frique, seigneur de Landes, fit aussi à ses dépens raccommoder le pont qui était ruiné depuis quelques années auparavant et qui subsistait depuis l’an 1485. En l’année 1747, il tomba une partie de l’arche dudit pont qui fut aussitôt raccommodé, ce qui coûta peu de choses. Le 31 janvier 1783, la partie raccommodée en 1747 tomba de nouveau. Mais les habitants de Landes ayant négligé de le faire raccommoder sur le champ, le trou s’agrandit insensiblement par quelques coups de pied que l’on donnait sur la voûte. Mais il fut entièrement ruiné par les crues du 6 mars 1783 et du 23 février 1784. En l’été de cette année 1784, on présenta requête à l’intendant, qui ne fut probablement pas écoutée et le pont resta toujours en mauvais état. On ôta seulement quelques pierres pour que l’on passât plus librement. »

Médéric Rabouin, dans son ouvrage , Notice sur Landes et ses environs, donne toutefois des dates et une version quelque peu différentes. Selon un acte dressé le 25 mars 1666, dans lequel M. de Bault, baron de Sainte-Frique, fait l'inventaire de ses biens, il déclare :

« Un pont de pierres bâti tout proche de Saint-Martin, sur lequel il a droit de péage et qu’il n’a point encore levé ni perçu, attendu qu’il ne l’a fait construire que depuis un an et qu’il ne passe point de quoi pouvoir entretenir un commis. »
Et il mentionne une catastrophe advenue en 1748 :
« Le jour de la Pentecôte de l’année 1748, (2 juin) ou le lendemain, Landes et les environs eurent à supporter les dégâts occasionnés par une quantité extraordinaire d’eau tombée pendant un orage, dans la partie supérieure de la vallée de la Cisse (Gombergean, Lancôme) la levée d’un étang important au-dessus du bourg de Lancôme ne put résister et fut rompue ; alors, une masse d’eau se précipita dans la vallée, détruisit un moulin appelé Malytourne, placé au bas du village de Rincé ainsi que plusieurs petits étangs et arriva sur le bourg, en renversant le pont de pierres bâti par M. de Bault auprès de l’église de Saint-Martin. La partie basse du bourg de Landes fut inondée et l’eau pénétra dans les maisons jusqu’à une hauteur de trois pieds ; les habitants furent obligés de se réfugier dans les greniers. Le moulin peu important de Malytourne ne fut point rétabli, c’est à peine si maintenant on reconnaît son emplacement.
Une passerelle sur poteaux en bois remplaça, à titre provisoire, le pont de pierres, ce provisoire dura jusqu’en 1855. Les voitures passaient dans un mauvais gué. »

Si l'on suppose l'exactitude des deux versions, il faudrait donc admettre qu'après la catastrophe de 1848, le pont aurait été restauré mais que cette réparation n'ait pas tenue lors des crues de 1783 et 1784. Quoiqu'il en soit, on peut constater sur le plan cadastral de 1820 que le pont, à cette date, n'existe plus. Cependant, on peut affirmer que, quelques années plus tard, entre 1820 et 1845, le passage est devenu possible. En effet, si l'on suit le tracé du chemin de Landes vers Vendôme sur la carte du Loir-et-Cher de 1845, il est facile de constater que ce chemin enjambe la rivière. Si on admet que l'actuel pont en pierre a été construit en 1855, ce serait donc la passerelle en bois qui figurerait sur cette carte.


Les cartes postales du début du XXe siècle et les photos de l'époque nous montrent les nombreux lavoirs installés près du pont :

« Dans la matinée et en début d'après-midi, c'était les troupeaux de vaches des fermes proches qui passaient dans les rues et descendaient à l'abreuvoir, plan d'eau qui a été construit à cet usage en ajoutant deux vannes aux arches du pont. Ce plan d'eau servait également aux laveuses….Ces troupeaux avaient leur horaire afin de ne pas risquer le mélange des bêtes, ce qui pouvait amener de violentes bagarres entre elles. » André Pilon (article : Landes-le-Gaulois "Entre deux guerres" 1919-1939, dans le Bulletin Municipal de 1991).

La mention  "Passage de l'Abreuvoir", qui a été donnée au passage reliant le bas de la rue de Chateaurenault au plan d'eau de la Cisse, sur le plan cadastral actuel, perpétue le souvenir de ces scènes de la vie du passé.


IL ÈTAIT UNE FOIS UNE LAVANDIÈRE

« Elle me racontait avec nostalgie les grandes lessives de jadis faites une ou deux fois par an, au printemps et à l'automne. Cette lessive que l'on appelait "la buée" faite dans un grand cuvier alimenté constamment d'eau chaude par une "couloire" passant et repassant sur un nouet de cendre pour le blanchiment. Cette lessive était ensuite transportée pour le rinçage à la rivière ou au lavoir, lieux de rencontre, de commérages et de petits potins. Le linge séchait sur les prairies. Madame Duvigneau s'était organisée à sa manière pour les importantes lessives de sa maisonnée. Elle avait comme accessoires : une vieille chaudière rafistolée à ciel ouvert, bassines, brosses et "boites à laver".
Je la revois encore notre lavandière aux doigts agiles ; le dos voûté par les ans, vêtue de sa blouse à carreaux, des jours de fête comme des jours ordinaires. Au travail, elle se protégeait d'une salopette faite dans un sac ou empruntée au dos d'une blouse usagée. Sur sa tête aux cheveux blancs elle plaçait un grand mouchoir noué aux quatre coins. Qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il fasse soleil
c'était toujours pareil.

 Elle s'agenouillait tranquillement dans sa "boite à laver" adoucie de paille et retenue à la rivière par deux pieux d'acacia. C'était merveilleux : le miroir de l'eau lui renvoyait son visage serein, légèrement déformé par l'onde vagabonde…Elle frottait, rinçait, tordait, défroissait et parfois dans l'ardeur de sa tâche, elle parlait seule et qui sait si son cœur ne fredonnait pas secrètement une ritournelle de ses vingt ans !
Autour d'elle, peu de bruit, celui léger de la brosse, mêlé au clapotis de l'eau, le bruissement de la peupleraie environnante, le gazouillis des oiseaux et les crissements d'insectes. Partout dominait une odeur subtile de savon, ajoutée aux parfums de miel, d'herbes fraîches ou de feuilles sèches…»
Hélène BIDAULT (extrait du Bulletin communal ne4, 1992)





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