Atrazine


Un petit tour sur Wikipedia permet de définir ce qu’est l’atrazine :
« L’atrazine (2-chloro-4-(éthylamine)-6-(isopropylamine)-s-triazine) est la substance active d'un pesticide appartenant à la famille chimique des triazines (caractérisée par un cycle s-triazine), qui présente un effet herbicide.
L’atrazine bloque la plastoquinone, un transporteur d'électrons et de protons du système de photosynthèse, inhibant le transport d’électrons. L'atrazine est l'un des herbicides les plus couramment utilisés ; selon l’Agence de protection de l'environnement des États-Unis (EPA), en 2003 les États-Unis ont utilisé 77 millions de livres d'atrazine.

Très utilisée depuis les années 1960 du fait de son prix modéré, de son efficacité et de son ancienneté sur les marchés, l'atrazine continue à être utilisée actuellement dans beaucoup de pays dont les États-Unis, où quelque 40 000 tonnes seraient épandues chaque année sur des cultures telles que le maïs, le blé, le sorgho et la canne à sucre pour le traitement en pré et post-émergence des adventices (plantes indésirables).

L’atrazine a été interdite dans l'Union européenne depuis 2003 et en Suisse depuis 2012.

De 2002 à 2006, en France, une vaste étude épidémiologique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), réalisée en Bretagne sur quelque 3 500 femmes enceintes en début de grossesse, “a mis en évidence que les femmes ayant des traces d’atrazine dans les urines avaient 70 % de risque supplémentaire de mettre au monde un enfant ayant une faible circonférence crânienne à la naissance. Avec, pour conséquence, un moindre développement neuro-cognitif” et “avaient 50 % de risque supplémentaire d’avoir un enfant de petit poids à la naissance”. Le biologiste Tyrone Hayes, de l'université de Berkeley en Californie, une référence mondiale dans ce domaine, est arrivé à la même conclusion que l’INSERM. En 2007, il publie un rapport mettant en cause l'atrazine comme cause potentielle de certains cancer de la prostate et de cancer du sein. Cette molécule semble de plus avoir un effet épimutagène.

L'atrazine a été inventée par Geigy en 1958, et Syngenta en est aujourd'hui le principal producteur. »

Comme une définition Wikipedia est rarement suffisante, nous sommes allés chercher ailleurs. Si l’article de l’Institut national de santé publique du Québec est moins récent, il nous donne de précieuses informations concernant l’atrazine qui est défini comme suit :

« L’atrazine (C8H14ClN5) est un herbicide de synthèse de la classe des triazines qui est utilisé de manière assez importante au Canada, principalement pour détruire les mauvaises herbes dans la culture du maïs, mais également dans celle du lin, et pour détruire totalement toute végétation dans les secteurs non cultivés et industriels. Selon Santé Canada (Santé Canada, 1993), l’atrazine se présente sous la forme d’une poudre cristalline incolore, avec une solubilité dans l’eau moyennement faible (30 mg/l à 20°C) et une faible volatilité. Son adsorption aux particules du sol est faible, ce qui se traduit par un potentiel important de contamination des eaux souterraines et de surface (Santé Canada, 1993). De plus, ce risque est accentué du fait de sa longue demi-vie dans le sol et dans les eaux souterraines : environ 40 et jusqu’à 200 jours respectivement (Agency for Toxic Substances and Disease Registry, 1999). Dans les sols, l’atrazine est dégradée par action microbienne aérobie et par hydrolyse, en ses résidus principaux, soit en ordre décroissant la diéthyl-atrazine (DEA), la déisopropyl-atrazine (DIA), la diaminochloro-atrazine (DACA), ainsi que l’hydroxy-atrazine (HA). Dans l’eau, l’atrazine est hydrolysée et biodégradée en ces mêmes métabolites*, mais le résidu DACA est plus important que le DIA (United States Environmental Protection Agency, 2002a). Plusieurs pays en ont limité l’utilisation (Organisation mondiale de la Santé, 2000). »  lien
 
La littérature concernant l’atrazine est importante et la majorité ce que nous avons pu lire çà et là est contradictoire.

Il est difficile de trouver un article en français qui soit favorable à l’atrazine, mais aujourd’hui, 16 mai 2020, il faut aller sur le site américain de Syngenta pour que soient vantés les bienfaits de cette molécule. (Cf. illustration infra) 

« It is impossible to overstate the importance of atrazine to U.S. and global food supplies. Atrazine is critical to weed control in production agriculture, playing a vital role in the management of resistant weeds and the adoption and continued use of conservation tillage by U.S. farmers. Embracing innovative technologies such as atrazine, has not only boosted productivity, it has also dramatically diminished U.S. agriculture’s environmental footprint. »

« Il est impossible d'exagérer l'importance de l'atrazine dans la production alimentaire américaine et mondiale » […] L'atrazine joue « un rôle vital dans la gestion des mauvaises herbes résistantes » […] L'adoption de technologies innovantes telles que l'atrazine a non seulement augmenté la productivité, mais a également considérablement réduit l'empreinte environnementale de l'agriculture américaine. »

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Le discours s’adapte donc en fonction des régions. Là où l'atrazine est autorisée, on en vante l'emploi, là on elle est interdite, on n'en dit rien comme le montre la page de recherche de Syngenta France.

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Dans un document intitulé « Réponses aux idées reçues » qui date de février 2013, l'entreprise Syngentha titre, à la page 22 « Idée reçue — Les pesticides polluent l’eau », et partant, introduit l’article par « Il ne faut pas confondre détection de résidus dans l’eau et toxicité ». Et de conclure « Une eau conforme n’est jamais exempte de matières polluantes. Elle est consommable à condition que leur concentration ne mette pas en danger la santé du consommateur. » Nous sommes satisfaits de cette conclusion. En effet, tout le monde est conscient que l’arsenic est moins dangereux pour l’homme quand il n’en consomme pas que lorsqu’il en consomme.

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Que penser ?

Trente-trois scientifiques s’adressent à M. Bruce Gordon de l’OMS dans une lettre du 16 décembre 2020 que nous proposons ci-après. Lien vers le document original.

Dear Mr. Gordon,

We, the undersigned 33 scientists and health professionals, are writing to urge you to revise the World Health Organization (WHO) drinking-water guideline value for the herbicide atrazine.

In 2011 WHO raised its limit for atrazine in drinking water 50-fold, from 2 to 100 micrograms of atrazine per litre of water (µg/l) (WHO 2011a), as a result of an evaluation by the Joint Meeting on Pesticide Residues (JMPR) in 2007.

However, the evaluation performed by JMPR is outdated, insufficiently protective, and neglected evidence of toxicity that existed even at the time it was conducted, as documented in the attached report, ‘WHO Guideline Value for Atrazine in Drinking Water: A Critical Review’ by Dr. Peter Clausing.

This current guideline value of 100 µg/l needs to be revised because of substantial scientific evidence documenting the potential for serious adverse effects on human health, including endocrine and reproductive effects and potential cancer risks, as documented in Dr. Clausing’s report.

Selected relevant new evidence, reviewed and summarized in the above-mentioned report include:

• Epidemiological evidence for an increased risk of thyroid cancers associated with atrazine expsure (Beane Freeman et al. 2011);

• Evidence that atrazine binds to the G prote in-coupled receptor 30, GPR30 (Albanito et al. 2015), thereby exerting estrogen-like activity without binding or activating the classical nuclear estrogen receptor (Connor et al. 1996, Tennant et al. 1994) which may provide an explanation why atrazine is able to up-regulate aromatase activity in cancer cells (Sanderson et al. 2001);

• Concerns of the US Environmental Protection Agency committee of independent science advisors, the Scientific Advisory Panel, that there is “suggestive evidence of carcinogenic potential” for ovarian cancer, positive evidence for Non-Hodgkin’s lymphoma in studies other than the Agricultural Health Study cohort, and that two French studies “provide suggestive evidence for a causal association between triazines and hairy-cell leukemia” (SAP 2011);

• New and/or neglected evidence for genotoxic effects of atrazine in fruit flies, zebrafish and mice (Torres et al. 1992, Zhu et al. 2010, Adeyemi et al. 2015, Wirbisky et al. 2016, Gao et al. 2016);

• New epidemiological findings demonstrating an association between atrazine exposure and birth defects (Agopian et al. 2013a, 2013b) and a significantly increased risk of adverse pregnancy outcomes at concentrations much lower than 100 µg atrazine/L water (e.g. Almberg et al. 2018), adding to the already existing knowledge in this regard;

• A large body of evidence that atrazine acts as an endocrine disruptor that targets the hypothalamus-pituitary-gonadal axis (cf. Wirbisky and Freeman 2015, Pogrmic-Majkic et al. 2016); accordingly, U.S. EPA (2018) concluded that exposure to atrazine (and other triazines) “results in reproductive and developmental effects in laboratory animals that are considered relevant to humans”; and

• Neglected evidence for the disruption of the estrus cycle in species other than rats, i.e. in pigs at doses as low as 1 mg/kg body weight (Gojmerac et al. 1996, 1999, 2004).

Based on this assessment, the WHO drinking water limit of 100 µg/l for atrazine is insufficiently protective and may put large numbers of people at risk of adverse health harms.

We kindly ask you to address the information raised in Dr. Clausing’s report and urge you to revise the WHO Guideline value so as to provide sufficient protection for all individuals, including pregnant women and children, people with estrogen-sensitive cancers like breast cancer, and farm-workers and their families who are frequently exposed to multiple agrochemicals in addition to atrazine, and others.

On n'ajoutera pas à cet article la liste des signataires. Il vous suffit de télécharger le document.


P.M.


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* métabolites : Substance organique qui entre dans le processus métabolique. Le métabolisme est l'ensemble des réactions de synthèse, génératrices de matériaux (anabolisme), et de dégradation, génératrices d'énergie (catabolisme), qui s'effectuent au sein de la matière vivante à partir des constituants chimiques fournis à l'organisme par l'alimentation et sous l'action de catalyseurs spécifiques. (Définitions du TLF, Trésor de la Langue Française)

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