LE TRIBUNAL DES FLAGRANTS DÉLIRES

Le Tribunal des flagrants délires est une émission de radio satirique française diffusée entre 11 h 30 et 12 h 45 sur France Inter, de septembre 1980 à juin 1981, puis de septembre 1982 à juin 1983

Prix Grand Public 2009, décerné par le Comité d’Histoire de la Radiodiffusion.
Spectacle… un tribunal est un spectacle.

C’est en pensant à cela qu’est né « Le Tribunal des flagrants délires », le 15 septembre 1980, sur France Inter. À cela et à mes souvenirs de jeune journaliste débutant en « chiens écrasés », c’est-à-dire en argot de métier les séances de « flags » ou flagrants délits dans les palais de justice de la République : des audiences bâclées où sont jugés à la chaîne les malfrats et autre menu fretin pris sur le « fait de leurs méfaits », la veille…

Mais dans tribunal, il y a aussi tribune. Comme dans les procès plus « haut de gamme » où chacun a le temps de s’exprimer.

Enfin, c’est la théorie. Dans notre juridiction radiophonique, cela dérape souvent.
Les chefs d’accusation et les questions du président Claude Villers se révèlent des plus farfelus, le réquisitoire du procureur Pierre Desproges ou la plaidoirie de l’avocat Luis Rego n’ont quant à eux souvent qu’un lointain rapport avec l’inculpé… Pourtant on s’y croirait jusqu’aux moindres détails de menuiserie dans ce décor du studio public (105 ou 106) où s’entassent environ trois cent cinquante personnes. Et durant les deux saisons d’existence du « Tribunal » défileront sur le « banc d’infamie » de Coluche à Jean-Marie Le Pen en passant par Juliette Gréco, Frédéric Mitterrand ou Yannick Noah, la fine fleur des arts, de la télévision et de la politique…


Claude Villers


Description

« Le Tribunal des flagrants délires fonctionnait exactement comme un vrai tribunal, à cette différence près que ses membres étaient volontairement caricaturaux alors que les vrais le sont malgré eux. Desproges tenait le rôle du ministère public.

Pendant quelques semaines, des demi-vedettes et des quarts de star défilèrent dans le box des prévenus et le procureur les moucha pour leur plus grande satisfaction, tellement ils étaient ravis de passer à la radio. Puis, le succès de l'émission grandissant, de plus gros calibres demandèrent instamment à être jugés. Et, à ce moment-là, Desproges devint carrément grandiose.

Non seulement il ne tint absolument aucun compte de leur notoriété mais encore il se mit à tirer à balles réelles sur ses cibles, alors que jusque-là il n'avait utilisé que la grenaille. Pour la première fois à la radio, des gens aussi importants que Patrick Poivre d'Arvor, Jean d'Ormesson ou Daniel Cohn-Bendit en prirent carrément plein la gueule sans pouvoir s'essuyer. » 

Présentation : Claude Villers, assisté de Pierre Desproges et Luis Rego


Concept

Produite par Monique Desbarbat, l'émission avait pour cadre un tribunal imaginaire présidé par Claude Villers (surnommé le « Massif central » par Desproges).

L'émission connut un succès incontestable, et les personnalités invitées à passer en jugement furent nombreuses.



Certaines émissions furent réalisées par Claude Berri.
Remplaçants occasionnels
• À certaines occasions, Claude Villers, Luis Rego et Pierre Desproges étaient parfois remplacés dans leurs rôles.
• Président suppléant : José Artur ;
• Avocats suppléants : Bruno Garcin, Éva Darlan ;
• Procureurs suppléants (après le départ de Desproges) : Éva Darlan, Serge Papagalli, Guénolé Azerthiope.

La journaliste Jeanne Folly participa également à l'émission en tant qu'« experte très experte », chargée de dresser le profil psychologique de l'accusé. Ses interventions maniaient subtilement le sous-entendu un brin grivois et évoquaient invariablement les multiples « séances sur le divan » auxquelles elle avait soumis l'accusé.

Déroulement

Le « procès » commençait par une présentation de l'invité, présenté comme « prévenu », et « interrogé » par le président du tribunal Claude Villers.

Le prévenu était par la suite attaqué par le Ministère public, représenté par « le procureur de la République Desproges française », alias Pierre Desproges. Le début de ses réquisitoires, souvent identique (avec quelques variations), est resté célèbre : « Françaises, Français ; Belges, Belges ; mon Président-mon chien ; monsieur l'avocat le plus bas d'Inter ; mesdames et messieurs les Jurés ; public chéri, mon amour ! », parfois complété de « Bonjour, ma colère ! Salut, ma hargne ! Et mon courroux, coucou ! », ce dernier mot étant repris en chœur par le public.

Les « prévenus » étaient par la suite défendus par Luis Rego, l'avocat « le plus bas d'Inter ». Luis Rego alternait les digressions et les thématiques loufoques, comme des parodies de jeux radiophoniques, des fiches bricolages improbables, etc.
Des « témoins » pouvaient être entendus — comme Guy Bedos lors du procès de Coluche —, l’émission se terminant par la dernière parole, donnée pour sa défense au « prévenu ».

Un accompagnement musical, pour la chanson qui entamait chaque émission et des improvisations ponctuant les propos des uns et des autres, était joué au piano par Georges Rabol qui, comme le dira Pierre Desproges au cours du procès de Jean-Marie Le Pen : « Je le précise à l'intention des auditeurs qui n'auraient pas la chance d'avoir la couleur, est presque aussi nègre que pianiste ».

Conclusion invariable de l'audience, l'accusé était soit condamné à interpréter une chanson de son choix, soit acquitté mais fermement invité à chanter une chanson, reprise en chœur par le tribunal et le public. Si l'invité était un chanteur professionnel, cette dernière chanson devait impérativement ne pas être extraite de son répertoire ; c'est ainsi, par exemple, poussant la règle du contre-emploi jusqu'à son extrême, que Juliette Gréco choisit d'interpréter « Bécassine c'est ma cousine » d'ordinaire chantée par Chantal Goya.

Pour ceux qui n’ont que 4 min pour rire :

Le tribunal des flagrants délires

Si vous avez plus de temps :

Quelques émissions :

Avec Annie Cordy
Avec Claire Bretécher

Avec Jean Yanne
Avec Josiane Balasko

Avec Renaud

Sources : Wikipédia — Partie audio : France Inter



Contact

mail@landes-le-gaulois.net

© 2015 Ambixo. © 2020 Pêle-Mêle. All rights reserved. HTML5-CSS3 Template by Martina Sepi